Lutte contre le VIH/SIDA et les autres pandémies en Côte d’Ivoire

1. Introduction

Le PNUD s’est engagé à appuyer le Gouvernement  de la République de Côte d’Ivoire dans le Cadre de Coopération du Pays 2007-2008, dans la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) à atteindre d’ici l’horizon 2015. Le PNUD traduit son appui à l’Objectif 6 des OMD aux travers d’actions conjointes avec les agences sœurs du Système des Nations Unies et d’autres Partenaires intervenant dans le domaine en vue d’appuyer la mise en œuvre des « Principes clés » ou «Three Ones». Les interventions du PNUD s’inscrivent principalement dans le cadre de la gouvernance pour une riposte nationale multisectorielle, décentralisée et participative face au VIH/Sida. Il s’agit d’appuyer le processus de planification opérationnelle qui intègre le VIH et le genre au niveau des secteurs et décentralisé. De plus, le PNUD appuie les initiatives de renforcement des capacités nationales de coordination, de mobilisation et de gestion de ressources en matière de lutte contre les trois maladies.

II. Contexte et Justification

La situation de crise que traverse la Côte d’Ivoire depuis 2002 a un impact négatif sur le système de santé. La migration de personnes et l’accroissement des besoins au niveau des zones d’accueil ont entraîné une augmentation de la vulnérabilité des populations qui évoluent souvent dans un contexte de pauvreté accentuée. La détérioration des infrastructures sanitaires et la fermeture de centres de santé surtout dans les zones Centre-Nord-Ouest (CNO) du pays du fait du conflit ont perturbé la mise en œuvre des programmes nationaux de santé.

Le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme constituent un important problème de santé publique. La situation épidémiologique du pays est dominée par une prévalence du VIH dans la population ivoirienne estimée à 4,7% avec un visage de plus en plus féminin (2,9% des hommes infectés contre 6,4% des femmes selon la dernière enquête sur les indicateurs de Sida de 2005). Les autres pandémies (paludisme et tuberculose) continuent de sévir avec des taux de morbidité et de mortalité élevés. Le taux de mortalité maternelle de 543 décès pour 100 000 naissances vivantes et un taux de mortalité infanto-juvénile de 125‰ en 2005 avec le paludisme comme première cause. 
 
Pour faire face au VIH/Sida, le Gouvernement ivoirien s’est engagé à travers le Ministère de la lutte contre le Sida (MLS) à mettre en œuvre des stratégies visant à réduire les effets négatifs de l’épidémie  dans le pays. En collaboration avec d’autres ministères techniques impliqués et avec l’appui de Partenaires au développement, le MLS a élaboré depuis 2006 le Plan Stratégique National de Lutte contre le Sida dont le but est de réduire la prévalence du VIH de 4,7% à 3,5% d’ici 2010. La stratégie de lutte adoptée est en faveur d’une réponse nationale multisectorielle et décentralisée coordonnée. Elle est basée sur le renforcement de la collaboration entre les différents acteurs, l’intensification de la prévention de l’infection à VIH et l’amélioration de l’accès aux soins pour les personnes infectées et affectées par la maladie. Le traitement de la question du VIH et de l’égalité entre les hommes et les femmes, est un défi majeur de la réponse nationale. En pratique, le contexte actuel de la riposte à l’épidémie du Sida est illustré par une insuffisance de coordination des interventions et de l’intégration effective de la lutte contre le VIH et de la dimension genre dans les politiques et planifications sectorielles et au niveau  décentralisé.

L’appui du PNUD au Gouvernement ivoirien dans le domaine de la santé se fait principalement à travers des initiatives de renforcement des capacités nationales de lutte contre le VIH/Sida et les autres pandémies. Les interventions visent à: (i) faciliter la bonne gouvernance d’une réponse nationale multisectorielle, décentralisée et participative face à l’épidémie du Sida, (ii) prendre en compte la protection des droits des personnes affectées et infectées par le VIH et la dimension genre dans les plans de lutte, et (iii) renforcer les capacités nationales en matière de coordination de la mobilisation des ressources et de gestion de programmes de lutte contre les 3 maladies. Ces interventions se situent dans la dynamique générale du processus de reconstruction post-conflit du pays.

En appui à la stratégie nationale, les actions du PNUD sont développées à partir de plusieurs axes stratégiques que sont:

  1. Le renforcement de capacités nationales à travers des appuis institutionnels : le MLS qui assure le Secrétariat technique du  Conseil National de Lutte contre le Sida, le Ministère en charge de la Santé, l’Amicale des Maires pour la lutte contre le Sida (AMICALL)...;
  2. La recherche de complémentarité et de synergie dans les actions avec les autres partenaires d’appui à savoir l’ONUSIDA, les agences sœurs du Système des Nations Unies et d’autres Partenaires au développement impliqués dans la lutte contre le VIH/Sida. Cette complémentarité est calquée sur le «Three Ones»;
  3. Le renforcement de partenariat au niveau international et l’appui à la mobilisation de ressources additionnelles à travers le Fonds Mondial et autres bailleurs pour le financement de la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme.

 

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Séminaire d’appui à l élaboration de plan de développement communaux intégrant le VIH et le genre en direction de l’AMICALL (Alliance des maires pour la lutte contre le VIH/Sida) et financé par le PNUD