Rétablir le dialogue entre citoyens et police nationale

23 févr. 2018

Pendant les heurts qui ont suivis les résultats de l’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire, plus de 3 000 personnes sont mortes, un million ont été déplacées dans tout le pays et les relations entre la population et la police sont restées très tendues.

« Un grave problème de confiance s’est développé entre la police et la population. Les policiers, à tort ou à raison, ont été accusés d’avoir pris parti pour l’un ou l’autre des camps. Ils semblaient ne pas exercer leur fonction de manière neutre et indépendante. La police n’avait plus de ressources à Abidjan et dans le reste du pays et son autorité avait complètement disparue » souligne Mamadou Konaté, responsable du projet d’appui au dialogue socio-sécuritaire.

Par la suite, l’insécurité s’est installée dans le pays et bon nombre d’Ivoiriens préféraient taire un délit plutôt qu’avertir la police par peur d’être racketté ou parce que le poste de police était trop éloigné de leur domicile (Afrobaromètre 2013).

Donner à la police nationale les moyens d’exercer ses fonctions

Sur la formation dispensée à plus de 4000 policiers, 10% sont des femmes

Entre 2012 et septembre 2017, le projet a couvert 20 commissariats et 12 préfectures de police dans toute la Cote d’Ivoire pour un montant total de 7.650 millions d’euros financé par l’Union européenne. Quatre types d’activités ont permis de restaurer les liens entre les forces de police et la population : l’instauration d’un dialogue régulier au sein du commissariat, le renforcement des compétences des policiers, la mise aux normes de fonctionnalités des infrastructures à travers la réhabilitation des bâtiments et l’achat du matériel propre à la bonne marche des activités de la police, et l’appui à la question du genre.

« Des formateurs ont relayé des thèmes essentiels comme la réponse aux violences basées sur le genre, l’accueil du public, la gestion démocratique des foules, la déontologie. Au total, plus de 4000 policiers ont bénéficié d’une formation dont 10% de femmes. La police arrive maintenant à mieux canaliser les mouvements de masse et les élections de 2015 se sont déroulées sans heurts majeurs avec les forces de l’ordre » décrit Konaté.

Le PNUD appuie la police nationale à travers la provision et la réhabilitation des commissariats endommagés pendant la crise et construction de nouveaux locaux.

Grâce aux nouveaux locaux, les policiers sont plus efficaces et la population leur fait de nouveau confiance

« Les officiers auront un bureau à eux. Il y a des services pour la réception des mineurs, des femmes, pour les personnes en détresse. L’accueil du public sera bien amélioré » ajoute le commandant d’Adiaké. Le soutien a aussi permis une meilleure confidentialité dans le traitement des dossiers en évitant aux services de police d’avoir recours aux cyber-cafés pour la saisie et l’impression des documents de procédure judiciaires.

Les résultats pour les usagers sont visibles. La police intervient en moins de 15 minutes lorsqu’un citoyen la sollicite contre 48 heures dans le passé. Auparavant, obtenir un document administratif prenait des jours. Aujourd’hui, dans un poste de police équipé d’un ordinateur et d’une imprimante, cela se fait dans la journée. Les commissariats peuvent établir en moyenne 10 procès-verbaux par semaine contre seulement 3 par le passé ce qui permet de respecter la durée et le respect des procédures de garde à vue.

Le dialogue comme outil de cohésion sociale

Depuis octobre 2013, une demande a été faite aux commissariats de tenir dans le mois une réunion avec les représentants de la population pour débattre d’un thème bien précis. Cette réunion mensuelle est un élément clé pour associer les citoyens à la gestion de la sécurité communautaire.

le Commissaire de police d’Adiaké reçoit les représentants de la communauté

Ce dialogue permet aux policiers de prendre le pouls de la population et de prévenir les conflits avant qu’ils n’éclatent tout en faisant comprendre à la population leur rôle et leur fonctionnement.

« Désormais lorsque quelqu’un a un problème, il vient au poste. Nous avons réussi à faire comprendre à la population que nous ne sommes pas là pour réprimer » s’exclame le Commissaire.

Une charte d’accueil trône dans tous les commissariats. Chaque visiteur sait ce qui lui est dû, notamment le respect et l’absence du recours à la violence, et ce qu’on attend de lui.

« La méfiance a disparu et nous sommes en parfaite harmonie avec la police. Nous nous entendons bien car l’information passe. Il y a plus de transparence » explique le Président de l’association des chauffeurs de taxi.

« La confiance née de ces échanges, nous a permis de réduire à plus de 70% la délinquance des jeunes dans notre commune », reconnaît le Commissaire principal Timité, Chef du district de police d’Abobo.

Le résultat, peut-être le plus visible de ce dialogue entre la police et la population, est aussi que le nombre de délits déclarés par les citoyens a augmenté, preuve s’il en est que la population fait désormais confiance à sa police et s’en remet volontiers à son système judiciaire.

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