Consolider la paix et la cohésion sociale

18 janv. 2017

Environ un milliard et demi de francs CFA pour soutenir les Personnes Déplacées et Retournées en Côte d’Ivoire.

 

L’Ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne, le Directeur de Cabinet du Ministère du Plan et du Développement et le Directeur Pays du PNUD, en présence du Directeur de Cabinet du Ministère de la Femme, de la protection de l’Enfant et de la Solidarité, ont signé un  accord, portant sur un montant de 1 410 307 550 F CFA soit 2.150.000 EUR, pour le financement d’un projet d’appui à la réintégration des personnes déplacées et à la cohésion sociale.

Cette initiative, inscrite dans le cadre de la stratégie nationale sur les solutions durables, vise à combler le gap des besoins de nombreuses personnes déplacées, hommes et femmes, dans la dynamique de la lutte contre la pauvreté, ainsi qu’à renforcer la cohésion sociale et  à prévenir de nouveaux déplacements.

Ce projet est également en lien avec le programme de renforcement des acquis en matière de consolidation de la paix, mis en place par l’Equipe pays des Nations Unies pour appuyer les efforts du gouvernement de Côte d’Ivoire.

Financé conjointement par l’Allemagne, à hauteur de deux millions Euro (2.000.000 Euro) et le PNUD  avec  cent cinquante mille Euro (150 000 EUR) de contribution, ce projet portera principalement sur la réintégration économique des personnes déplacées et des groupes les plus défavorisés des communautés d’accueil, notamment les femmes et les jeunes, à travers le renforcement des moyens de subsistance et le développement d’activités génératrices de revenu.  Selon Luc Grégoire, Directeur Pays du PNUD « Le projet cible 1000 personnes déplacées et retournées y compris les rapatriés et contribuera aussi à la réhabilitation d’infrastructures communautaires de base au bénéfice des communautés d’accueil et à l’amélioration du fonctionnement des comités de paix dans la dynamique de renforcement de la cohésion sociale dans les zones de retour et/ou de relocalisation »

Il concerne aussi l’amélioration de l’accès de ces personnes vulnérables à des services socio-économiques de base, et le renforcement des mécanismes locaux de dialogue, de prévention et de résolution de conflits, de resocialisation en vue de contribuer à instaurer un climat de paix et à restaurer la cohésion sociale.

Selon des chiffres officiels, plus de 259 478 réfugiés ivoiriens ont été rapatriés. 19 150 personnes en 2016, soit 49,9% d’hommes contre 50 ,1% de femmes[i], sont rentrés dans le pays grâce aux opérations de rapatriement volontaire initiées par le gouvernement avec l’appui du HCR. Si l’amélioration des conditions de sécurité a permis à de nombreux déplacés internes de regagner leurs foyers depuis la mi-2011, des milliers d’entre eux vivent encore en situation de déplacement. Les difficultés de cohabitation où persistent des tensions communautaires sont aussi à l’origine de déplacements des populations et pèsent sur la dynamique de cohésion sociale et de réconciliation nationale.

Il convient de relever que le projet, dont le Comité de Pilotage est composé en partie du Ministère de la Femme, de la Protection de l’Enfant et de la Solidarité, accordera une attention particulière à la dimension genre, notamment dans le choix des bénéficiaires et la création d’opportunités  créatrices de revenus et d’emplois.

Rappelons que la décennie de conflit militaro-politique qu’a connu la Côte d’Ivoire a fragilisé le tissu social et entrainé le déplacement de milliers de personnes. Ces déplacements qui sont entretenus par la persistance des conflits intercommunautaires, pèsent sur la dynamique de cohésion sociale et de réconciliation nationale. Ainsi, comme rappelé par le Directeur de Cabinet du Ministère du Plan et du Développement, ce projet permettra par de petites avancées au niveau communautaire, de contribuer à faire avancer la cohésion sociale, en abaissant les tensions et en luttant contre la pauvreté et les inégalités. Il a à cette occasion encouragée d’autres bailleurs de fonds à se joindre à cette initiative pour contribuer au pot commun et ainsi appuyer le Gouvernement de Côte d’Ivoire.

 

 

 

[i] UNHCR, Rapport consolidé du rapatriement en Côte d’Ivoire, 2016