Lancement national du Rapport sur le développement humain en Afrique 2016 « Accélérer les progrès en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique »

27 déc. 2016

Egalité des genres et autonomisation des femmes en Afrique : Des efforts encore à faire 

L’Afrique doit encore faire des efforts pour rattraper son retard en matière d’égalité des genres et d’autonomisation des femmes. C’est le constat qui ressort du rapport sur le développement humain en Afrique 2016.

La deuxième édition du Rapport africain intitulé : « Accélérer les progrès en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique », a été lancé, au niveau national,  le jeudi 8 décembre 2016, à Abidjan, sous les présidences effectives de la  Ministre de la Promotion de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfant, Madame Euphrasie Yao et du Coordonnateur Résident des Nations Unies, Représentant Résident du PNUD, Monsieur Babacar Cissé.

Cette cérémonie de lancement a réuni un grand nombre de participants notamment de l’administration, de la société civile, du secteur privé, des partenaires au développement, des membres du Corps diplomatique et agences du Système des Nations Unies.

Le contenu du rapport a été présenté par Monsieur Luc  Joël Grégoire, Directeur pays du PNUD, il en ressort les avancées et les contreperformances concernant la participation effective des femmes au plan politique (au sein des parlements et des gouvernements), économique et social en Afrique. La situation générale montre que beaucoup de pays ont progressé pour une meilleure prise en compte du genre dans les débats inclusifs et la gestion du développement.

La Côte d’Ivoire quant à elle, a-t-il fait remarquer, se classe dans la catégorie des pays à développement humain faible, malgré les performances macroéconomiques enregistrées ces dernières années. L’IDH de la Côte d’Ivoire est passé de 0,388 en 1980 à 0,462 en 2014, enregistrant un taux d’accroissement moyen annuel de 1%. Au plan politique, seulement 9% de femmes siègent au parlement contre 30% recommandé.

Monsieur  Babacar Cissé, a mis l’accent sur la persistance des inégalités entre les hommes et les femmes. La Côte d’Ivoire vient de confirmer son engagement avec l’intégration de la parité dans la Constitution, avant d’encourager les autorités à accélérer  son application effective. « Il faut mieux intégrer l’égalité des genres dans le Plan national de développement 2016-2020 : c’est un défi à relever », a-t-il ajouté.

Ce rapport n’a pas échappé au regard critique de deux commentatrices, la journaliste Agnès Kraidy et le Professeur Diabaté Tenin Touré. Chacune dans son style, a fait des remarques pertinentes sur la situation de la femme en Afrique et plus particulièrement en Côte d’Ivoire. Toutes deux ont reconnu que le pays gagnerait à davantage traduire en actes concrets, l’ensemble des orientations qui le plus souvent ne se reflètent pas dans la participation de la femme au dialogue politique, dans l’accès aux services financiers et dans la propriété foncière. Pour elles, l’absence d’un cadre inclusif de dialogue permanent sur les questions d’égalité constitue un frein à la mise en œuvre des politiques adoptées pour la promotion du genre dans les sphères publiques, privés, communautaires et familiales.

Tout en reconnaissant les faiblesses de la Côte d’Ivoire sur bien des thèmes abordés par le rapport, la ministre Euphrasie Yao a affiché la détermination de l’Etat à intensifier les actions pour une concrétisation de la volonté politique dans le quotidien des populations. L’engagement  au niveau le plus haut de l’Etat existe mais le changement des mentalités tardent à s’adapter au nouveau rôle de la femme dans la société ivoirienne, a-t-elle reconnu.

Pour le PNUD, la publication de ce rapport n’a d’autre but que d’alimenter les débats d’aide à la prise de décision et les discussions sur l’identification des étapes clés susceptibles de garantir une meilleure intégration de l’égalité des genres dans les politiques publiques (national, sectoriel et local), des programmes nationaux et des dialogues inclusifs continus dans le processus d’émergence de la Côte d’Ivoire.        

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