Ibrahim, du statut de jeune vulnérable à celui de menuisier, un rêve qui devient tout simplement une réalité

24 mai 2013

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Faire un alliage parfait entre la réhabilitation d’une infrastructure communautaire et la participation des communautés concernées à travers la réinsertion socioéconomique de trente (30) jeunes sans emplois, c’est le pari que vient de réussir le PNUD et son partenaire la Fondation du Groupe Atlantique à Sapia. Ce village d’environ  3500 habitants, situé  à 400 km d'Abidjan au nord-est de la Côte d'ivoire, où chaque jour, au  lever du jour, l'on aperçoit des colonnes de personnes se diriger vers leurs plantations. Les travaux champêtres y constituent l’occupation principale des habitants.

"Ici tout le monde travaille au champ, il est très difficile d'entreprendre une autre activité ", déplorait Hervé, un jeune de Sapia, lors d’un passage d’agents du PNUD dans le village, en prélude au démarrage du projet de réhabilitation et d’équipement du centre de santé local. Comme Hervé, d’autres jeunes de Sapia ne cachaient pas leur intérêt pour l’apprentissage d’un métier comme la menuiserie ou la maçonnerie. " J’ai toujours rêvé de travailler dans le bâtiment, mais ici au village il n’y a pas d’opportunités pour apprendre les métiers du bâtiment ", confiait de son côté Ibrahim, la trentaine révolue.

C’est ainsi qu’en 2012, dans le cadre d’un partenariat avec la Fondation du Groupe Atlantique, le PNUD  met en œuvre le projet d équipement/réhabilitation du centre de santé de Sapia et d'insertion professionnelle de 30 jeunes dans les métiers du bâtiment et de la menuiserie. Les 30 jeunes sont repartis en deux groupes de 15 pour apprendre le métier de leur choix, à savoir la maçonnerie et la menuiserie.

Ibrahim fait partie des 30 jeunes sélectionnés à Sapia et dans les villages membres de son aire sanitaire, pour suivre une formation théorique en maçonnerie, et en menuiserie.  Après quoi, le centre de santé de Sapia a servi de chantier-école aux 30 jeunes apprenants. Ainsi, les travaux de réhabilitation de la maternité, du dispensaire, des logements du personnel de santé et la construction des latrines, ont été réalisés par ces jeunes, sous la supervision d’un entrepreneur.

Construit depuis 17 années, et fortement dégradé,   le centre de santé de Sapia a dorénavant  un nouveau visage. En plus de cette réhabilitation, il est équipé en matériel médical et en panneaux solaires.

Les jeunes bénéficiaires de ce projet qui ont reçu des outils de travail liés à leur corps de métier, envisagent de se constituer en coopérative pour mieux servir le développement de leur village et de leur région. «  Je suis heureux.  Maintenant, je peux exercer le métier de mes rêves. J’ai été bien formé et équipé », se réjouit Ibrahim.

Youssouf Diarra, de retour de Sapia.