Production de tomate pour lutter contre la pauvreté des femmes

Culture de tomates

Dire que « la Côte d’Ivoire n’est pas qu’une république du cacao » prend tout son sens au regard des activités menées par les organisations communautaires qui s’engagent de plus en plus sur la voie de la diversité de leurs productions. Il est de plus en plus rare de trouver des organisations qui ne produisent qu’une seule culture. La tendance est donc à la diversification des sources de revenus, en se penchant de plus en plus vers le développement de cultures anciennement consacrées exclusivement à l’autoconsommation (igname, manioc, riz, tomate, piments …). Outre les zones Est et Nord, la zone Centre est en train de se spécialiser, petit à petit, dans la culture de la tomate.

A retenir

  • La culture de la tomate occupe 50% de la jeunesse active de cette région de la Côte d’Ivoire. Cet essor de la culture de la tomate contribue significativement à limiter ainsi l’exode des jeunes, jadis enclins à un départ systématique vers les régions forestières, en quête de bien-être.
  • Les superficies exploitées sont passée de 15 hectares avant le projet, à 45 hectares, tandis que le rendement initial de 2 tonnes à l’hectare, a dépassé les 4 tonnes à l’hectare. La production totale des deux premiers cycles est évaluée à 600 tonnes de tomates fraiches marchandes, pour gain de 253 283 USD Soit un peu plus de 5 378 USD par coopérateur, en six mois d’activités.
  • Le Projet d’Appui à la Réduction de la Pauvreté a mis à la disposition des bénéficiaires, des intrants (engrais, semences de qualité, produits phytosanitaires) et un dispositif opérationnel d'appui technique et d'accompagnement pour assurer le renforcement des capacités organisationnelles des coopératives.

A Kondoukro, dans la sous-préfecture de Djébonoua, la culture de la tomate a gagné en ampleur, à telle enseigne que près de 50% de la jeunesse active s’y ’intéresse. Cet essor de la culture de la tomate contribue significativement à limiter ainsi l’exode des jeunes, jadis enclins à un départ systématique vers les régions forestières, en quête de bien-être.

La dynamique créée autour de cette activité dans la région, a conduit le Programme d’Appui à la Réduction de la Pauvreté et à la réalisation des OMD (PARP/OMD), à soutenir les initiatives déjà existantes de l’association "EHOUKA - EHOUN "entraidons-nous, en langue locale", forte de 47 jeunes repartis dans 10 villages.

Une production satisfaisante et un premier bilan prometteur avec le soutien du PNUD

Répondant ainsi à la demande de la coopérative "EHOUKA - EHOUN" de Kondoukro, le PNUD à travers le programme PARP/OMD, a mis à la disposition de ladite coopérative, du matériel agricole, en l’occurrence des motopompes, destinés à améliorer les conditions de travail, notamment les activités d’arrosage. Ce qui a eu pour corolaire l’augmentation des surfaces exploitables. Le PARP/OMD a aussi mis à la disposition des bénéficiaires, des intrants (engrais, semences de qualité, produits phytosanitaires) et un dispositif opérationnel d'appui technique et d'accompagnement pour assurer le renforcement des capacités organisationnelles des coopératives .

Après deux cycles de production de 3 mois chacun ( Juillet – Septembre puis Octobre – Décembre 2010), les premiers effets sur les bénéficiaires ont été très encourageants. sur le plan organisationnel, un bureau a été mis en place pour gérer, l’acquisition des intrants, la production et la commercialisation des produits de tous les membres de la coopérative, limitant ainsi les nombreux intermédiaires qui intervenaient dans la filière et dont les agissements concouraient à réduire les bénéfices des producteurs. Cette nouvelle organisation a donc contribué à accroître les gains collectifs de la coopérative et par ricochet, ceux individuels de chaque membre. En témoigne, cette intervention de l’un des membres de la coopérative : « depuis que le PNUD nous a aidé, nous sommes mieux organisés et on gagne plus ».

Le projet a en plus amélioré les conditions de travail des bénéficiaires, par l’acquisition de nouveaux équipements de travail, qui aux dires de certains membres, « permettent de travailler plus rapidement, sur des superficies plus étendues ». Les actions de renforcement des capacités techniques entreprises ont aussi abouti à un gain de technicité chez 47 jeunes producteurs de tomate fraiche (conduite des parcelles de tomate (pépinière, repiquage, arrosage, cueillette, etc.) et la phytotechnologie de la tomate en particulier. .

Il en est résulté l’augmentation significative de la superficie totale emblavée, qui est passée de 15 hectares avant le projet, à 45 hectares, tandis que le rendement initial de 2 tonnes à l’hectare, a excédé un pic de 4 tonnes à l’hectare. La production totale des deux premiers cycles est évaluée à 600 tonnes de tomates fraiches marchandes, pour un chiffre d’affaires de 125 272 000 FCFA. Soit un peu plus de 2 660 000 F CFA par coopérateur, en seulement six mois d’activités. Bien que ce chiffre d’affaires renferme des dépenses très élevées, essentiellement dues aux contraintes de transport nées de la crise post électorale, ce montant augure d’une perspective prometteuse en période stable.

Ces résultats attrayants liés aux premiers cycles de production, ont eu pour conséquences d’insuffler une nouvelle dynamique communautaire à la coopérative "EHOUKA - EHOUN" qui reçoit de nombreuses demandes d’adhésions émanant des jeunes des villages environnants.

Pour assurer la pérennisation de l’activité, un dispositif mis en place par le bureau exécutif de la coopérative, procède à un prélèvement systématique du coût des intrants reçu par chaque membre, qu’il reverse sur le compte bancaire, commun à la coopérative. Ce mécanisme de recouvrement des fonds a fonctionné à la perfection au terme du premier cycle de production (100% des fonds intrants ont été recouvrés) avant d' être contrarié lors du deuxième cycle, par la crise postélectorale de novembre 2010 où seulement 30% ont pu être collectés en raison des difficultés de commercialisation.
Une dynamique quelque peu mise à mal par la crise post électorale

La phase de commercialisation du dernier cycle a coïncidé avec la crise postélectorale en décembre 2010, qui a sérieusement affecté le processus de commercialisation. Non seulement les frais de routes entre Bouaké et Abidjan ont connu une hausse vertigineuse, passant de 150 000F CFA par voyage à 700 000FCFA, les prix de vente ont connu eux aussi une baisse profonde, parfois jusqu’à 75F CFA/Kg contre 300 à 500 F en période normale. Malgré ces difficultés indépendantes de leur volonté, les bénéficiaires ont récemment entrepris un nouveau cycle en contre saison (saison sèche) dans l’espoir de rattraper les pertes enregistrées lors de la dernière vente.

Rédigé par : Olivier Sei Bi, Assistant Opérationnel Zone Bouaké, Yao Kouame François, Expert National, Fatima Silue, Coordonnateur National du PARP/OMD; Dr Joseph Ezoua, Spécialiste de Programme, Unité Réduction de la Pauvreté, PNUD Côte d'Ivoire